Archéologie - Pas-de-Calais le Département
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Gouy-Saint-André, un atelier de saunier gaulois, 2010

Le long de la Route Départementale 939, à Gouy-Saint-André, un atelier de fabrication de pain de sel daté de la période gauloise (450 à 52 avant JC) a été fouillé.

Fin février 2010 : démarrage de l'opération

Sur la commune de Gouy-Saint-André, un diagnostic réalisé en 2009 avait mis au jour les traces d'un atelier gaulois de fabrication de pain de sel. Afin d’approfondir la connaissance de ce site, une fouille d’archéologie préventive est réalisée. Les premiers jours de la fouille sont consacrés au décapage à la pelle mécanique. La zone concernée est longue mais peu large, 20 mètres environ. Juste la place nécessaire pour réaliser le passage en 2 fois 2 voies de la route départementale 939.

Fin février 2010 : décapage manuel et nettoyage

Pendant que le décapage à la pelle mécanique se poursuit sur une autre zone, le décapage manuel avec une binette permet de nettoyer la zone et de repérer 6 fours. De tailles différentes, les fours se superposent. Tel un jeu de mikado que les archéologues démêlent, l'observation en plan permet déjà de comprendre que l'atelier s'est étendu progressivement et que les fours ont été à plusieurs occasions reconstruits ou agrandis.

Début mars 2010 : la fouille des fours

Les 6 fours découverts sont fouillés par quart ou moitié. L’intérieur des fours a livré de nombreux boudins et languettes d’argile qui servaient à maintenir les vases remplis d’eau. Fabriqués à main nue, certains portent des empreintes digitales. Ces systèmes de calage ont été retrouvés en très grandes quantités à l’intérieur des fours. Les vases ont été repérés mais cassés en mille morceaux ce qui ne facilite pas le remontage.

Mi-mars 2010 : les relevés

Le plus petit four a été entièrement fouillé. Contrairement aux objets comme les céramiques, le four ne peut pas être prélevé pour une étude en laboratoire. L'archéologue réalise donc l'ensemble des observations sur le terrain : sa forme, sa profondeur, l'épaisseur des parois, du fond dite "la sole" et toutes les traces qui attestent des étapes de la fabrication du four. Il le relève en plan et en coupe à l'échelle 1/20. Des photographies permettent aussi de garder une trace de ces vestiges rares.

Fin mars 2010 : dernières observations sous le grand four

La fouille touche à sa fin, le grand four est entièrement dégagé. Afin de vérifier l'absence de four plus ancien, un sondage est réalisé au milieu du four. L'épaisseur du fond est ainsi observée. Avant de quitter le terrain, les trois piliers centraux qui supportaient la grille de four sont également prélevés.

Avril 2010 : l’archéomagnétisme

Des chercheurs de l'université de Rennes interviennent sur le terrain pour prélever des fragments de parois de four. L’étude de l’orientation de microscopiques éléments ferriques dans les parois des fours permettra de préciser la période d’utilisation des fours. Cette méthode de datation basée sur l’étude des variations du pôle magnétique est appelée l'archéomagnétisme. Pour l'instant, la céramique trouvée sur le site date l’occupation entre 200 et 50 avant JC. Le site de Gouy-Saint-André intéresse les chercheurs car il permettra d'enrichir les données utiles aux datations et ainsi réduire encore les marges d'incertitude de cette méthode. Actuellement, cette méthode permet d'obtenir une datation de fin d'utilisation assez précise. Il faudra attendre une année pour obtenir les résultats de ces datations.