Archéologie - Pas-de-Calais le Département
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Les découvertes de l'archéologie aérienne

Des villae gallo-romaines aux vestiges de la dernière Guerre Mondiale, les sites qu'il est possible de détecter en archéologie aérienne sont de nature et de chronologie très variées.

Les enclos funéraires des âges des métaux

Les enclos funéraires délimités par un ou plusieurs fossés circulaires sont généralement de petites dimensions (5 à 25 mètres de diamètre). Certains petits enclos carrés ou rectangulaires pourraient également être d’origine funéraire. Ces tombes étaient certainement réservées à des individus ayant une position sociale dominante. La tombe située au centre était recouverte de terre ou de pierre, le tumulus, puis entourée d’un fossé.
L’érosion naturelle et les labours ont parfois arasé cette élévation, il ne reste plus alors qu’une tache. Un anneau de verdure ou d’humidité marque parfois l’emplacement du fossé.

À Mazingarbe, deux enclos circulaires apparaissent dans les céréales fauchées.

Les fermes et enclos agro-postoraux

Les anciennes fermes sont souvent difficiles à repérer, sauf si elles étaient délimitées par un talus, un fossé, voire une véritable fortification. Celles entourées d’une simple palissade ou d’une haie sont moins lisibles dans le paysage.
Les grandes enceintes polygonales ou arrondies ne sont pas toujours aisées à identifier.
Certaines sont des enclos d’habitats, généralement associés à des fosses liées à la construction des bâtiments et au creusement de silos enterrés. D’autres sont des enclos agro-pastoraux, vides et situés à proximité de l’habitat.

À Carvin, deux grands enclos quadrangulaires sont accolés. La zone centrale de l’un deux présente une tache sombre qui témoigne d’une occupation peut-être gauloise.

Les oppida : habitats fortifiés du IIe et Ier siècle avant JC

Généralement établi sur un promontoire naturel, l’oppidum est cerné par un rempart associant palissades et fossés. À l’intérieur, se développe le village avec des zones réservées à l’habitation, à l’artisanat, à l’agriculture et à l’élevage.

À Etrun, le fossé de l'oppidum gaulois est toujours marqué dans le paysage par une zone arborée.

Les villae gallo-romaines

Les villae, de grands domaines agricoles gallo-romains, sont construites en pierre au moins pour la maison du maître située dans l’axe de la ferme. Les dépendances agricoles situées de chaque côté forment une vaste cour généralement clôturée.
Les constructions en bois et en torchis ne sont pas visibles en vue aérienne. La maison du maître construite en dur est facilement repérable d’avion. Les substructions révélées dessinent des plans particulièrement détaillés de l’organisation au sol des habitations et des dépendances agricoles.

L'enclos rectangulaire de Villers-Brûlin pouvait appartenir à une villa gallo-romaine

Les sanctuaires : les fana

Vus d’avion, ces sanctuaires sont facilement reconnaissables pendant la période des labours. Ils sont délimités par un enclos quadrangulaire, au centre duquel se situe un petit temple composé d’une seule pièce carrée entourée d’une galerie. Le fanum est un petit temple romain qui provient d’une tradition celtique.

À Duisans, les labours ont retourné la terre et fait remonter en surface les pierres d’une construction antique. La double forme carrée de la construction est caractéristique d’un fanum.

Les fortifications de terre : les mottes féodales

Le rempart de terre et le fossé qui entouraient les mottes féodales sont facilement repérables dans le paysage. Une motte féodale est une butte artificielle construite avec la terre accumulée lors du creusement d’un fossé. Elle comporte une tour de guet en bois au sommet, et une basse-cour comprenant les habitations, la ferme et parfois une chapelle.

L’origine du village d’Humbercamps est la motte castrale, implantée probablement pendant le 11ième siècle. Cette levée de terre artificielle perdure encore dans le paysage. Elle matérialise le cœur du village dont témoigne l’implantation adjacente de l’église.

Le saviez-vous ?
Les mottes féodales se sont développées à partir du XIe siècle. Elles sont à la fois un ouvrage défensif et le centre du pouvoir local.

Le parcellaire

Les limites de parcelles, auparavant marquées par des haies, sont à première vue difficilement datables. Elles ont généralement traversé les siècles et marquent aujourd’hui encore la structuration du paysage agricole.
Récemment, les remembrements ont regroupé les parcelles pour permettre aux agriculteurs de disposer de plus grands champs et de les exploiter mécaniquement.

Les limites des anciennes parcelles beaucoup plus petites restent visibles aux environs de Saint-Omer.

Les voies

Les chemins de toutes les époques laissent à la surface du sol des traces observables par avion. Tout comme le parcellaire, les voies sont difficilement datables et pour beaucoup d’entre-elles, elles ont été utilisées à travers les siècles et le sont encore aujourd’hui.

Ancienne voie romaine qui reliait Nemetacum (Arras) à Gesoriacum (Boulogne-sur-mer) en passant par Tarvenna (Thérouanne). Aujourd’hui elle correspond à un axe routier important, la départementale 341. On aperçoit en bas du cliché le village de Gauchin-le-Gal.

Les vestiges des guerres mondiales

Vues d’avion, des traces de la Première Guerre mondiale sont visibles. Les tranchées comme les anciennes voies ferrées ont marqué le paysage. Les zones de combats fortement bombardées et qui ne sont plus exploitées, présentent des microreliefs très caractéristiques.

La voie ferrée construite durant la première guerre mondiale aux environs de Loos-en-Gohelle est toujours visible dans le paysage.

 

Pour en savoir plus :

Deux autres dossiers vous initient aux méthodes de l'archéologie et vous font dévouvrir les sites du Pas-de-Calais :

Carvin, Duisans, Etrun, Humbercamps, Loos-enGohelle, Mazingarbe, Saint-Omer, Thérouanne, Villers-Brûlin.

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