Archéologie - Pas-de-Calais le Département
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Les vestiges de l'église Saint-Jean et de son cimetière paroissial à Saint-Omer

La Communauté d’Agglomération de Saint-Omer prévoit la restauration et l’agrandissement du Conservatoire à rayonnement départemental situé place Saint-Jean. Sur la base des prescriptions de l’État, une équipe de douze archéologues du Centre départemental d’Archéologie est intervenue du 25 février au 31 mai 2013 pour fouiller une partie des vestiges de l’église médiévale Saint-Jean et de son cimetière paroissial.

L’église Saint-Jean et sa paroisse, à travers les archives

Fondée au Xe siècle par les moines de Saint-Bertin, la chapelle, située à l’origine au milieu des vergers de l’abbaye, devient une église paroissiale en 1154 sous le patronyme de Saint-Jean. Malgré sa proximité géographique avec l’abbaye, nous disposons de peu de sources la concernant, essentiellement des plans de Saint-Omer et des représentations tardives, comme celle de E. Durin datée de 1783.

Crédit : Société des Antiquaires de la Morinie

Une église-halle à tour-clocher

Dans son dernier état de construction, elle s’apparente à une église-halle caractérisée par des collatéraux de même hauteur que la nef centrale, avec une façade pourvue d’une tour-clocher. En 1572, le cartographe A. Ortelius représente l’église Saint-Jean dans un environnement qui semble identique à la place actuelle avec ses trois accès et ses nombreuses façades.

 

Crédit : Société des Antiquaires de la Morinie

Reconversion après la Révolution

En activité jusqu’à la Révolution, l’église sert ensuite de magasin puis est vendue avec son cimetière. La récupération des pierres des élévations a permis la construction d’autres édifices de la ville. En 1830, une salle de concerts est bâtie à son emplacement. Limitée aux niveaux modernes, la fouille permet néanmoins de combler les lacunes de la documentation concernant les techniques de construction, l’évolution de la forme de l’église et son intégration dans la paroisse. Un plan daté de 1783 représente le dernier état de l’église : il sert de base de travail aux archéologues.

Crédit : Société des Antiquaires de la Morinie

Vestiges d’une église disparue, le regard de l’archéologue

 L’intervention archéologique a porté sur la zone sud de l’église, une grande partie de l’ancien édifice se trouvant aujourd’hui sous le conservatoire. La fondation de certains murs et une longue tranchée de récupération permettent de restituer le plan de l’église. Des niveaux de circulation internes à l’église ont été mis au jour sous la forme d’une superposition de niveaux de terre et craie damée sur plusieurs dizaines de centimètres. Le tracé en négatif du collatéral, pourvu de contreforts (pointillés blancs), coïncide avec le plan de 1783

 

Les fondations de quatre bâtiments annexes

Accolés à l’angle du collatéral sud et du chœur, les archéologues ont identifié quatre bâtiments successifs (chapelles ou presbytères). La succession des bâtiments a pu être restituée grâce à l’agencement des fondations et aux matériaux utilisés pour chacune (pierre calcaire ou brique jaune).

Des indices de l'église gothique

Des blocs architecturaux provenant de l’église gothique, dont certains portent des traces de polychromie, ont été réemployés dans les fondations. Ce bloc quadrilobé, réemployé dans les fondations d’un bâtiment accolé, témoigne du décor de la première église médiévale.

Des vivants et des morts

 Délimité au sud par une voirie en silex et en craie damée, le cimetière se développe autour de l’église, du collatéral au chœur. Le mur de l’enclos paroissial représenté sur le plan de 1783 n’a pas été retrouvé, mais l’emplacement d’un calvaire marquant l’entrée dans l’espace sépulcral a pu être identifié. La longue durée d’utilisation du cimetière explique la densité des tombes, parfois juxtaposées. Le long du collatéral, les archéologues ont fouillé essentiellement des tombes d’enfants et de nouveau-nés. Cet espace correspond au « carré des anges », zone de sépulture privilégiée qui était couramment placée à proximité de l’église à cette époque.

Pratiques funéraires du XVIe siècle

Les individus inhumés à partir du XVIe siècle sont emmaillotés dans un linceul, identifiable par la présence d’épingles en bronze ayant servi à le fermer. Ils sont ensuite déposés sur le dos soit dans un cercueil, soit en pleine terre. La découverte de fragments de cercueil et de linceul en état de conservation exceptionnelle complète les observations des archéologues.

Quelques éléments de parure

Parfois, un élément de vêtement ou de parure peut accompagner le défunt. Cette applique ouvragée circulaire, qui devait orner un bouton, témoigne de la vie quotidienne des personnes inhumées.

Saint-Omer

mot(s)-clé(s) : église, cimetière, sépulture, paroisse, enclos, calvaire, linceul, cercueil, applique