Archéologie - Pas-de-Calais le Département
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Pratiques religieuses antiques à Marquise

Découvertes archéologiques le long de l'avenue Ferber

Le Conseil général du Pas-de-Calais, a réalisé des fouilles archéologiques pour la Communauté de Communes de la Terre des 2 Caps avant la réalisation d’importants travaux d’aménagement : Hôtel Communautaire, piscine, salle de lutte, gendarmerie.

Sur la base des prescriptions de l’État, une dizaine d’archéologues du Centre départemental d’Archéologie (CDA) est intervenue de septembre 2008 à janvier 2009 pour fouiller des vestiges attestant d'une importante implantation gallo-romaine.

Une petite nécropole du Haut-Empire romain

Début du 1er siècle après JC, la Gaule est sous l’emprise romaine depuis moins d’un siècle. Le peuple celte des Morins occupe le territoire de Marquise dans la province de Gaule Belgique. Désormais, les deux sociétés celtes et romaines n’en forment plus qu’une. La culture gallo-romaine est notamment perceptible à travers le traitement des morts.

Des sépultures à incinérations

Une partie du site a livré trois sépultures à incinération. Les cendres étaient déposées dans une petite fosse quadrangulaire. Les offrandes funéraires de vaisselle en terre cuite et en bronze sont abondantes. Tout ce mobilier était nécessaire au passage dans l’au-delà.

Selon le statut et la richesse du défunt, des offrandes plus ou moins nombreuses et précieuses sont déposées dans la tombe. Ces dépôts funéraires accompagnent le défunt dans l’au-delà : vaisselle en céramique, en métal, outils ou armes, éléments de parure et de toilette, monnaies, statuettes, ou parfois petit mobilier. Parfois, les archéologues trouvent aussi des traces d’offrandes alimentaires : porc, bœuf, mouton, volaille, vin, etc.

Un riche dépôt rituel

Parmi les dépôts rituels d’une des tombes à incinération, deux objets remarquables ont été mis au jour : une patère et une oenochoé en alliage cuivreux. Ils ont pu servir du vivant du défunt comme service à ablution avant d’être des objets spécifiquement cultuels destinés aux libations selon un rituel consistant à verser du vin, de l’huile ou du sang d’animaux sacrifiés sur la sépulture. Le manche de la patère est décoré d'une tête de bélier.

Un lieu de culte du Bas-Empire

Les archéologues ont mis au jour un bâtiment d’environ 70 m2, réalisé en pierre de Marquise. Ils y ont découvert une zone dense de dépôt de verre et de faune, une centaine de céramiques et trois lampes à huile.

 Mais c'est surtout la présence d'un bloc sculpté au motif serpentiforme, de 563 monnaies en bronze du Bas-Empire et d'un pied de statuette en bronze, qui les a incité à interpréter cet édifice comme un temple qui a pu fonctionner du IVe siècle après JC jusqu’au début du Ve siècle après JC.

Un puits à vocation religieuse ?

À proximité, un puits de plus de 5 m de profondeur alimentait les habitants en eau. Les fidèles pouvaient utiliser cette eau pour des libations. Le mobilier découvert à l’intérieur permet de le dater du 1er siècle après JC mais il a pu être utilisé longtemps après.

Une tête de cheval

Une tête de cheval y a été découverte. Cela peut correspondre à une pratique religieuse ; les gallo-romains effectuaient couramment des offrandes afin de s’attirer les bonnes grâces des dieux.

 

 

 

Marquise

mot(s)-clé(s) : Incinérations, patère, oenochoé, temple, serpent, monnaie, sigillée, terra nigra, culte