Archéologie - Pas-de-Calais le Département
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Une agglomération antique le long de la voie romaine Amiens - Cambrai

Site en cours de décapage à l'aide d'une pelle mécanique

Des silos, plus de 2000 ans avant Unéal

Une dizaine de silos, creusés dans le sol et destinés à stocker les céréales, est aménagée au cours de l’âge du Fer d’après les tessons de poterie retrouvés (800 à 52 avant J.-C.). Cette zone de stockage est délimitée par un fossé et se poursuit probablement en dehors de la parcelle fouillée. Plusieurs contenances ont été identifiées, correspondant à des usages différents : plusieurs espèces de céréales, stockage individuel ou collectif, à court ou long terme.

Les silos mis au jour sont comblés de rejets d’éléments brûlés (charbon, terre cuite). Cette pratique se retrouve sur d’autres sites de la même période et correspond peut-être à une utilisation ultérieure comme four.

Les silos sont identifiables à leur profil caractéristique, en forme de poire avec une entrée étroite. Pour éviter la putréfaction des graines, les parois intérieures sont brûlées régulièrement. Des graines carbonisées sont en cours d’étude pour définir les espèces cultivées. 

En bordure de la voie romaine au Haut-Empire

Une portion de la voie romaine reliant les chefs-lieux de cité Amiens (Samarobriva) à Bavay (Bagacum) en passant par Cambrai a été découverte. Mise en place au 1ier siècle, elle structure l’organisation du paysage. Un chemin est aménagé perpendiculairement à cette voie, autour duquel se concentrent les activités aux 1er et 2ième siècles. Trois fours de potiers et une quinzaine de sépultures à crémation ont été mis au jour.

Les fours découverts sont à simple ou double alandier, espace où se trouve le foyer. Les poteries à cuire sont déposées dans la chambre de cuisson unique, alimentée par des canaux latéraux de chauffe.

Des objets accompagnent le défunt dans l’au-delà : poteries, fibules, chaussures dont il ne reste que les clous. Les grands fragments d’ossements découverts dans les tombes indiquent que la crémation était parfois incomplète.

Une agglomération routière au Bas-Empire

Les activités domestiques et artisanales s’intensifient aux 3ième et 4ième siècles en bordure de la voie romaine. Un grand bâtiment de 33 mètres de long, aux fondations de craie pilée, est construit au bord de la route. Le reste de l’espace est organisé pour le stockage, avec deux caves et de nombreux celliers. Des puits sont construits pour alimenter en eau la petite agglomération.

Les fondations du bâtiment indiquent qu’il est pourvu de grandes portes : il sert de grange ou d’étable. Un puits maçonné est aménagé sur l’un de ses côtés.

À proximité du bâtiment, plusieurs grandes fosses ont livré des fragments de crânes et de bas de pattes de bœufs. Le rejet de ces parties non consommées témoigne d’une activité de boucherie.

Les espaces de stockage sont creusés dans le sol. Les caves sont maçonnées, ce qui permet leur utilisation sur le long terme, contrairement aux celliers qui sont de simples fosses creusées dans le sol. Les bâtiments qui devaient se trouver au-dessus n’ont laissé aucune trace.

Document à télécharger :

2018_plaquette_avesnes_les_bapaume (pdf - 5.36 Mo)

Responsable d’opération :   J. Maniez
Rédaction : L. Maluta
Coordination : J. Lamart
Crédits photographiques : Vue aérienne : Thomas Nicq / Dessin : Atelier Scènes de papier, P.-Y. Videlier / Direction de l’Archéologie du Pas-de-Calais