Archéologie - Pas-de-Calais le Département
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Une histoire des aménagements extérieurs du donjon de Bours

 

Vue aérienne du donjon de Bours en cours de fouille. Les archéologues ont dégagé les douves, autour du monument, et la plateforme située à l’avant.

Le donjon de Bours, un monument emblématique du Ternois

Le donjon de Bours est désigné dans une charte de 1375 comme "chastiel, tour de bours" ou "forte maison". Construit en grès et installé sur une plateforme, il est constitué d’une tour carrée flanquée de six tourelles. Les guerres qui opposent François 1er et Charles Quint provoquent deux incendies du donjon, en 1537 et 1543. Ces évènements sont à l’origine d’importants remaniements que les archéologues ont pu observer lors de la fouille. L’édifice a été classé Monument Historique en 1965 et fait l’objet d’études et de travaux de restauration depuis 2011, en vue d’une ouverture au public.

La première représentation graphique du site est une illustration des Albums de Croÿ datée du début du 17ième siècle. Les proportions ne sont pas réalistes mais les douves, un pont et plusieurs bâtiments sont figurés.

Une passerelle vers le donjon

Jusqu’au 16ième siècle, un petit fossé en eau, alimenté par les douves, passe à l’avant de la façade principale du donjon. Celle-ci possède deux entrées pour accéder à la salle noble, pièce majeure de la résidence du seigneur, et au cellier, où sont conservées les denrées alimentaires. Comment franchir à pied sec le petit fossé en eau pour passer de la plateforme au donjon ? Les archéologues ont découvert des éléments en bois, vestiges d’une passerelle qui leur ont donné la réponse.

Des archéologues réalisent le prélèvement d’un bois en vue d’une datation. Ce madrier, situé devant l’entrée du cellier, soutient la passerelle. Elle passe entre les murets en grès qui maintiennent deux petites terrasses.

D’importants remaniements au 16ième siècle

Les deux incendies du 16e siècle endommagent la façade principale. Elle est en partie reconstruite avec des moellons de silex moins esthétiques que les blocs de grès d’origine. Pour cacher ces réaménagements, le petit fossé est entièrement remblayé. À l’intérieur, la voûte du cellier s’est effondrée, provoquant une hausse du niveau du sol. Pour continuer à utiliser le cellier, un nouvel accès est percé en façade, à hauteur du remblai. L’accès à la salle noble est modifié : la passerelle est supprimée et un nouvel escalier est construit sur des fondations en calcaire et en briques.

Lors de la fouille des douves, les archéologues ont découvert des poteries. L’une d’elle, un pot de chambre, a été retrouvée à l’aplomb d’une des fenêtres du donjon où se localisaient les latrines. Des tuiles et des ardoises ont également été mises au jour. Elles témoignent des travaux successifs sur la toiture.

Responsable d’opération : J.-M. Willot   
Rédaction : J. Hucteau
Coordination : J. Lamart
Crédits photographiques : Vues aériennes : Thomas Nicq / Photos : G. Guidi-Rontani, J. Hucteau, J.-M. Willot