Archéologie - Pas-de-Calais le Département
Les informations contenues dans cette page ne sont valables avec certitude que jusqu'à cette date et heure.

Votre opposition au dépôt des cookies de mesure d'audience a été prise en compte. Masquer ce message

Une nécropole familiale antique à Saint-Augustin

Une sépulture à crémation est en cours de fouille.

Une famille du 1er siècle

Huit sépultures à crémation ont été mises au jour à proximité d’une installation rurale, probablement à vocation agricole et comprenant un bâtiment. Les sépultures sont regroupées et organisées dans un espace délimité par des fossés. La datation du mobilier indique une utilisation sur plusieurs générations tout au long du 1er siècle.

Un bâtiment en partie conservé d’au moins dix mètres de long a été mis au jour à 300 mètres des sépultures, en lien avec des fosses et des fossés. Il s’agit peut-être d’un habitat en lien avec la nécropole familiale.

Le coffrage en bois et la position de chaque céramique dans la sépulture sont enregistrés en photogrammétrie : des photographies sont réalisées à 360 degrés, avec géolocalisation, afin de faire une restitution en trois dimensions de la sépulture.

Cette cruche a été trouvée en position renversée reposant sur d’autres pièces de vaisselle. Cette disposition indique qu’elle n’était pas dans la sépulture mais posée sur le couvercle du coffrage de bois : elle est tombée durant la décomposition de celui-ci.

 

Des sépultures exceptionnelles

La richesse des sépultures à crémation s’exprime ici par le nombre et la qualité des offrandes déposées. De 15 à 21 céramiques sont présentes, comprenant de la vaisselle courante mais également des services à ablution (rituel de purification), un calice (coupe à boire) ou encore un balsamaire (flacon à parfum). Les offrandes sont réparties dans un coffre de bois et les cendres du défunt sont déposées dans une urne ; dans le cas de Saint-Augustin, toutes les urnes sont en céramique.

Chaque objet de la tombe est dégagé délicatement puis prélevé et emballé pour son étude postérieure.

La sépulture la plus richement dotée comprend 21 céramiques, un miroir et une fibule en bronze. Il est possible que l’acidité du sol ait provoqué la disparition d’offrandes animales, laissant un vide dans cette tombe.

Composés d’une œnochoé et d’une patère, les services à ablutions sont décorés, notamment de représentations humaines. Cet ensemble d’objets en terre cuite est caractéristique des tombes du nord de la Gaule romaine et imite de la vaisselle métallique.

 

Préserver une coupe en verre unique

Lors du diagnostic préalable à la fouille, les archéologues ont mis au jour l’une des huit sépultures à crémation. Une coupe en verre a été déposée sur le couvercle de cette tombe, en offrande pour une femme. C’est une découverte exceptionnelle puisqu’il s’agit de la première coupe de ce type découverte en France en contexte archéologique. Caractéristique du 1er siècle, cette verrerie est unique pour sa couleur blanche. Les différents fragments sont recueillis puis envoyés au laboratoire de restauration où ils sont traités par une restauratrice spécialiste du verre.

Après un nettoyage, les fragments sont assemblés et maintenus par des cavaliers en laiton faits sur mesure. Pour limiter l’épaisseur des joints et conserver la finesse du verre, la colle est ajoutée par la suite, par infiltration.

Probablement fabriquée en Italie, cette coupe en verre témoigne des échanges commerciaux du début du 1er siècle et du statut social de la famille réunie dans la nécropole.

 

Responsable d’opération :   V. Merkenbreack   

Rédaction : L. Maluta

Coordination : J. Lamart

Crédits photographiques : Vue aérienne : T. Nicq / Photos : S. Janin-Reynaud (p.2 et 4), J. Lamart (p.3), L. Maluta (p.4), V. Merkenbreack (p.1-3).