Archéologie - Pas-de-Calais le Département
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Une nécropole gallo-romaine sur les hauteurs de Marquise

Tombes maçonnées gallo-romaines sur le site de Marquise.

Dans la continuité des fouilles précédentes

En 2008 et 2011, des fouilles menées avant la construction de l’Hôtel Communautaire de la Terre des 2 Caps, de la gendarmerie et du centre d’interprétation du paysage (CAPland) ont permis la découverte de sépultures à crémation du 1er siècle et un temple du 4ième siècle.

Lors des fouilles de 2017, quatre tombes similaires ont été mises au jour dans la continuité des précédentes. Il s’agit de tombes à crémation comportant des offrandes nombreuses et variées. Elles datent de la période augustéenne, c’est-à-dire entre 5 avant J.-C. et 20 après J.-C. Certaines d’entre elles ont livré un abondant matériel.

Les sépultures à incinération sont riches en offrande : celle ci-dessus a livré à elle seule une œnochoé (ou cruche) et une patère (ou poêle) en bronze, trois strigiles en fer (petit couteau utilisé pour le nettoyage de la peau), un coffre en bois, de la céramique ainsi que de la verrerie.

Découverte dans l’une des sépultures à incinération, cette urne funéraire en plomb contenait des fragments d’os calcinés.

Des mausolées aux tailles impressionnantes

Au Bas-Empire, entre 284 et 476, le lieu reste une zone d’inhumation. De cette époque, trois tombes à inhumation ont été découvertes. Il s’agit de sépultures d’enfants ou de jeunes adolescent et d’un adulte ; seule l’une d’elles a livré une offrande céramique. Des datations C14 sont envisagées pour affiner leur chronologie.

Les archéologues ont également dégagé trois maçonneries de fondation, en pierre de Marquise, de très grande taille. Il s’agit des ruines de monuments funéraires, dans lesquels aucune trace de sépultures n’a été mise en évidence. La grandeur de ces fondations indique la présence de mausolées de taille imposante, pouvant atteindre 12 mètres de haut avec des colonnades et plusieurs niveaux. Ces monuments, situés sur une butte et à proximité d’une voie romaine, dominaient le paysage.

Cette fondation maçonnée a été démontée par les archéologues. Elle sera remontée et présentée au public.

L’archéologue, à partir de découvertes similaires, propose une hypothèse de restitution du plus grand mausolée à partir des fondations maçonnées de 6 mètres de côté.

Préserver les découvertes en métal

Pour protéger les éléments métalliques découverts lors des fouilles, les archéologues procèdent à un prélèvement en motte. Ils enlèvent les objets en métal avec la terre qui les entoure, pour les fouiller en laboratoire de manière plus minutieuse. Ensuite, le travail consiste à dégager, nettoyer et consolider la surface de l’objet pour conserver au mieux sa forme et éviter la casse. Enfin, si son état le nécessite, il est envoyé dans un laboratoire spécialisé dans la conservation-restauration du métal pour stopper sa dégradation (par la corrosion) et envisager sa restauration.

Maintenue par du film transparent et du plâtre, la motte contenant une patère est prélevée du terrain.

La restauratrice consolide la patère pour pouvoir la désolidariser totalement de la motte.

Document à télécharger :

2018_plaquette_marquise_lidl (pdf - 4.8 Mo)

Responsable d’opération : V. Merkenbreack
Rédaction : O. Solon
Médiation : J. Lamart
Crédits photographiques : Vue aérienne Th. Nicq / Photos page 2, bas page 4, dessin page 3 V. Merkenbreack ; Photo page 3
G. Guidi-Rontani / Direction de l’Archéologie du Pas-de-Calais