Archéologie - Pas-de-Calais le Département
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Saint-Martin-d’Hardinghem, « Barrage Legrand », zone d’expansion de crues de l’aa, 2014, diagnostic

Dans le cadre de la construction de bassins de crues dans la vallée de l’Aa, projet SmageAa (syndicat mixte pour l'aménagement et la gestion des eaux de l'Aa), un diagnostic archéologique a été réalisé à Saint-Martin d’Hardinghem (Pas-de-Calais) par le Centre départemental d’archéologie du Pas-de-Calais sous la direction d’Armelle Masse. L’intervention a permis grâce à la découverte de mobilier archéologique, hors structure, de comprendre un peu mieux l’évolution de la vallée de l’Aa. Les formations sédimentaires apparaissent relativement récentes. Un chemin clayonné dans les niveaux supérieurs de tourbe atteste d’un usage des zones marécageuses de l’Aa probablement aux 16ième-17ième siècles.  Mais c’est la découverte dans la partie nord du diagnostic d’éléments bâtis en bon état qui constitue l’apport majeur de l’opération. Deux bâtiments sont identifiables avec éventuellement la présence d’un mur de clôture. A l’ouest, un bâtiment, d’une longueur d’au moins 27 mètres et d’une largeur de plus de 15 mètres, est bordé le long de sa façade sud d’une éventuelle galerie. Dans la partie orientale, un bâtiment de plus de 34 mètres de long et d’une largeur observable de 4 mètres est composé de pièces à usage domestique (cellules ?) ou agricole (écuries, étables ?).
Ces deux bâtiments sont orientés le long du chemin actuel qui arrive depuis la route départementale menant à Merck-Saint-Liévin (Départementale 191) qui descend jusqu’à un pont piéton qui traverse l’Aa. Ce chemin est connu sous le nom de « Chemin des Evêques ». La configuration des lieux laisse supposer que le chemin était déjà en place au moment de la construction des bâtiments.
L’ensemble des structures dégagées témoigne d’un bâti très soigné et bien conservé : base en rognons de silex épannelés et élévation en blocs de craie équarris. La stratification des vestiges atteint parfois plus que le mètre, couche de démolition comprise. Le mobilier céramique qui provient essentiellement de la phase d’abandon date de la fin du Moyen Âge, en particulier de la seconde moitié du 15e siècle. L’emprise du site est estimée à au moins 3000 mètres carré. L’hypothèse est avancée que les vestiges découverts soient associés au centre domanial du bas Moyen Âge mentionné dans la documentation ancienne écrite et iconographique qui relève du chapitre de Thérouanne puis de Saint-Bertin (Saint-Omer). Une étude plus poussée dans les sources anciennes est susceptible de livrer des informations supplémentaires. Le contexte environnemental des vestiges, leur nature et leur identification donnent à cette découverte un caractère quasiment inédit pour la région et qui mérite toute l’attention de la communauté civile et scientifique.

Référence du rapport

MASSE A. (dir.), MEURISSE-FORT M., Agostini H., Willot J.-M., Zone d’expansion de creux de l’Aa. Saint-Martin d’Hardinghem «Barrage Legrand», Rapport final d’opération de diagnostic, éd. Centre départemental d’archéologie du Pas-de-Calais, Dainville, 2014,123 p., 47 fig.

Mots-clés

bas Moyen Âge, Pas-de-Calais, Audomarois, Aa, fond de vallée, Saint-Martin d’Hardinghem, diagnostic archéologique, ferme domaniale, mur, céramique, boucle de ceinture.