Archéologie - Conseil Général du Pas de Calais - CG62 - Le 22 Mai 2012 - 20h32
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Propriétaire des tours du Mont-Saint-Éloi depuis 2008, le département projette la mise en valeur patrimoniale du site. Pour approfondir la connaissance de cette ancienne abbaye connue pour l’instant que par les sources manuscrites et les plans anciens, le département s’est engagé dans une fouille pluriannuelle programmée.
Les deux tours de l’église abbatiale du Mont-Saint-Éloi constituent l’un des derniers témoignages de l’ancienne communauté de chanoines qui occupait la colline. Elles sont localisées à 7 km au nord-ouest d’Arras, dans le centre du village du Mont-Saint-Éloi, en bordure de l’ancienne voie gallo-romaine (la route départementale RD 341) qui reliait les cités d’Arras (Nemetacum) et de Thérouanne (Tervanna). Les ruines qui dominent le plateau arrageois marquent le paysage et sont visibles localement à plus de 20 km à la ronde.
Le site, chargé d’une histoire qui remonte au VIIe siècle avec l’arrivée de Saint-Éloi, est un lieu fréquemment visité par les arrageois ou des touristes de passage.
Le premier établissement religieux date vraisemblablement du VIIe siècle : selon la légende Saint-Éloi venait prier sur le Mont et y aurait fondé un ermitage. Au 13ième siècle, un édifice de style gothique est construit et occupé par une communauté de chanoines réguliers. Cet ensemble est détruit au début du 18ième siècle afin d’édifier une abbaye de style classique. À la Révolution, la fermeture de l’abbaye est imposée et l’édifice progressivement démantelé. Les tours du Mont-Saint-Éloi sont les derniers vestiges de l’abbaye du 17ième siècle. Lors de la première guerre mondiale, les tours servent de point d’observation et sont les cibles des tirs de l’artillerie allemande.
L’attachement de la population aux deux tours est lié à son caractère monumental, à son intérêt patrimonial, historique et archéologique mais également à son statut de mémoire de la Première Guerre Mondiale.
En 1921, les tours de l’abbaye sont classées Monument Historique. Dans le cadre de la politique des transferts de propriété des immeubles nationaux mise en place en 2004, le Département se porte candidat en 2006 pour le transfert de propriété des deux tours. L’acte de transfert est signé le 7 février 2008 cédant la pleine propriété du monument au Département. Il "assure la conservation de l’immeuble, le développement de sa fréquentation et en favorise la connaissance".
La documentation ancienne se caractérise par l’absence d’informations précises, de plans justes et détaillés concernant les édifices contemporains de la genèse de la communauté et l’église abbatiale du 13ième siècle. Fait surprenant, même le plan architectural du dernier état de l’église abbatiale, dressé au 19ième siècle, ne repose pas sur un relevé exhaustif de terrain mais sur des témoignages.
L’archéologie est un des moyens pertinents pour aider à la compréhension du site et en permettre sa valorisation. Les résultats des futures fouilles orienteront le choix de la valorisation du site des Deux Tours de l’Abbaye (panneaux, vestiges éventuellement apparents, aménagements paysagers, etc.) qui est programmée après les travaux de restauration-consolidation de l’édifice.
En 2010, une première campagne archéologique centrée sur le chœur et la nef des collégiales gothique et moderne, a confirmé le potentiel archéologique du site. En effet, malgré les nombreuses destructions, le sous-sol est préservé et permet d’envisager une fouille programmée sur plusieurs années.
Pour la première fois dans la région, un édifice religieux pourra être étudié dans sa globalité dans le cadre d’une opération d’archéologie programmée qui reste la seule approche possible pour renouveler la connaissance de l’abbaye.
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