Archéologie - Pas-de-Calais le Département
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Thérouanne, Chaussée Brunehaut, AD 169, 2019, diagnostic

Le projet de construction d’un pavillon particulier le long de la RD 341 appelée aussi « Chaussée Brunehaut », à la sortie de Thérouanne, a conduit le Service Régional de l’Archéologie des Hauts-de-France à prescrire une opération de diagnostic. Elle a été menée par la Direction de l’Archéologie du Pas-de-Calais, du 09 au 12 juillet 2019. Deux tranchées linéaires et deux extensions ont été réalisées, représentant une surface totale d’ouverture de 168 m2 pour une superficie 1033 m², soit 16,63 % de la zone diagnostiquée. L’emprise concernée par cette intervention correspond sur le cadastre à la parcelle AD 169.

Dix structures et vingt-huit niveaux découverts sur ce site ont permis, par datation de la céramique associée, d’identifier deux périodes chronologiques.

La première phase est caractérisée par une aire funéraire, un mur et plusieurs niveaux anthropiques. Les vestiges sont localisés dans le secteur sud-ouest du site. L’aire funéraire a été installée sur un niveau anthropique qui, vu l’irrégularité du terrain (affleurements ponctuels du substratum crayeux), a probablement servi à niveler la zone. Elle est composée de deux tombes à crémation en réceptacle, d’une tombe à crémation classique et d’un dépôt funéraire isolé. Les tombes à réceptacles, les plus emblématiques, sont particulièrement bien conservées. Elles accueillaient une urne cinéraire et un dépôt viatique composé d’offrandes secondaires disposées dans un vase de plus grande taille scellé par une tegula. L’ensemble funéraire a pu être observé sur une surface de 20 m². Le mobilier associé est composé de céramique, d’objets en tabletterie, en verre et de monnaies caractéristiques des IIe – IIIe siècles.

Une portion de mur isolée, faiblement conservée, a pu être mise en évidence à côté de cette aire funéraire et sur le même niveau de nivellement. Le lien avec cette dernière n’a pas pu être établie mais le mobilier correspondant à la démolition du mur est daté de la même période. Peut-être les deux sont-ils liés.

La deuxième phase est uniquement caractérisée par un épais niveau qui, comblant une dépression naturelle dans le substratum crayeux, traverse la parcelle dans sa partie orientale selon un axe nord-est. Il n’a livré que du mobilier daté des XIVe – XVe siècles, mettant en évidence un important hiatus chronologique qui sépare les deux phases. Soit le site a subi une érosion importante, soit il a été totalement inoccupé entre le Haut-Empire et le bas Moyen Âge.

L’intérêt de cette opération de diagnostic réside dans la découverte d’un petit ensemble de sépultures à réceptacles adaptées à l’âge du défunt qui contribuent au caractère exceptionnel de cette nécropole. Elles témoignent en effet d’une pratique funéraire qui reste singulière dans le nord de la France avec seulement trois autres cas similaires connus, qui plus est découverts sur la parcelle voisine des « Oblets ». La présence d’autres sépultures de ce type sur le site ne peut être exclue. Leur étude contribuerait à mieux connaître une des pratiques funéraires du Haut-Empire, pour l’instant, uniquement associée à la cité des Morins.

Référence du rapport

DALMAU (L.) - Afonso-Lopes (E.), Delobel (D.), Chombart (J.), Meurisse-Fort (M.), avec la collaboration de Merkenbreac k (V.), Thérouanne, Chaussée Brunehaut AD169, Rapport final d’opération de diagnostic, éd. Direction de l’Archéologie du Pas‑de‑Calais,Dainville, 2019, 107 p., 53 fig.

mot(s)-clé(s) : Gallo-romain, Haut-Empire, Médiéval, Bas Moyen Âge, sépultures, tombes à crémation, tombes réceptacles, tombes à amphore, céramique, objet de tabletterie, monnaies, verreries, balsamaires, perles en verre